Friday, June 26, 2009

Feux d'espoir et prises de parole

*Cet article a d'abord été publié sur le site de Greenpeace Canada

Drapeau du QuébecCette semaine, alors que nous prenions une pause pour célébrer notre identité québécoise, plusieurs en ont profité pour lancer de vibrants messages. Le Premier Ministre fédéral faisait la cour aux francophones, mais ses bons vœux ne répondaient pas aux enjeux environnementaux qui inquiètent bon nombre d'entre nous. Pour leur part, des représentants et amis des Premières Nations ont souligné le solstice d'été en lançant des signaux de fumée porteurs d'espoir et, à une échelle internationale, les voix se sont multipliées pour inviter au réveil sur la question climatique.
Dimanche dernier, dans le jardin botanique de Montréal, une centaine de curieux, rouges, jaunes, noirs et blancs, se sont joints à la cérémonie du feu du Solstice des Nations. À l'initiative de Terres en vue, du Mouvement national des Québécois et du Comité de la Fête Nationale à Montréal, dans le cadre du Festival Présence autochtone, la cérémonie du feu invite le public à brûler du tabac afin que les voeux de fumée soient transportés par un grand aigle jusqu'au créateur, en appelant ainsi du rapprochement des peuples, de la protection des cours d'eau et du respect de l'environnement.
Signaux de fumée porteurs d'espoir
Sur un autre ton, mercredi matin, pendant que les dernières braises s'éteignaient sur les plaines d'Abraham, l'ancien secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a prévenu les politiciens des pays riches que s'ils n'arrivaient pas à gérer la crise climatique, ils auraient droit à des représailles publiques de taille. Ce dernier affirme que les citoyens sont aussi sensibilisés à cette problématique qu'ils le sont aux VIH/SIDA. Il annonce que le débat prend tous les jours plus d'importance sur la place publique et que les politiciens ne pourront plus l'ignorer.
Principaux émétteurs de GES en 2005De son côté, la France a pointé du doigt les objectifs de réduction de gaz à effet de serre du Canada et des États-Unis. Si ces derniers se défendent en laissant croire que des mesures plus serrées détruiraient leurs économies respectives, la principale source d'émissions de gaz à effet de serre du Canada ne fait pas l'objet de beaucoup d'attention ces jours-ci. Ainsi, pendant que Stephen Harper et Michael Ignatieff se pavanaient à la Fête Nationale du Québec, un autre projet d'envergure d'exportation de sables bitumineux albertains tentait discrètement de faire son entrée aux États-Unis. Faut-il rappeler que nos chefs libéral et conservateur sont tous les deux en faveur de cette industrie et n'ont ni l'un ni l'autre appuyé les objectifs de réductions de gaz à effet de serre exigés par KYOTOplus.
Les sables bitumineux, en plus de nous coûter déjà l'eau de la rivière Athabasca, sont en train de réduire à néant nos chances d'atteindre les objectifs de Kyoto tout en portant atteinte à la santé des communautés comme celle de Fort Chipewyan ainsi qu'à la sécurité sociale de l'Alberta.
Les sables bitumineux vont à l'encontre d'une économie verteCette fois, c'est à Hillary Clinton que revient de décider si le prix du pétrole sale en vaut la chandelle et si celui-ci coulera en plus grande quantité entre nos deux pays.
Kofi Annan a raison lorsqu'il dit que le public est de plus en plus alerte. Et si un grand aigle est capable d'emporter mes voeux au ciel, Internet doit pouvoir les emporter aux politiciens.
Dites à Hillary Clinton que les sables bitumineux ne font pas partie d'un futur à l'énergie propre. Dites à Stephen Harper et Michael Ignatieff de prendre la crise climatique au sérieux.

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