En quoi est-ce que l'exploitation des sables bitumineux a des impacts négatifs au Canada, au Québec, mais aussi à une échelle internationale? Lorsque l'on parle des changements climatiques, on fait référence à des problématiques environnementales à l'échelle planétaire. En d'autres termes, des actions posées ici, à une échelle régionale ou nationale, peuvent affecter directement d'autres régions à l'autre bout du monde, notamment à cause du système hydraulique qui ne connait pas de frontière. Les sables bitumineux en sont l'exemple le plus alarmant au Canada et c'est la raison pourquoi Greenpeace international a décidé de faire parler de ce crime climatique à travers le monde entier.
Mercredi dernier, des activistes ont donc occupé la mine de Suncor pendant dix heures en protestation à l'exploitation des sables bitumineux. Puis la police procéda à l'arrestation de 21 d'entre eux dont le directeur général de Greenpeace Canada, Bruce Cox. 36 heures plus tard ces activistes québécois, canadiens, brésiliens, allemands et français sont enfin tous relâchés.
Pourquoi se faire volontairement arrêter?
Parce que les actions directes non-violentes sont le dernier recourt pour susciter une avancée face à un problème environnemental après les enquêtes et argumentaires, propositions et concertations, informations et pressions, et action en justice. Dans le cas présent, il s'agissait d'exposer les enjeux de l'exploitation des sables bitumineux à un niveau international. Plus précisément, il fallait faire connaître les impacts d'une telle industrie sur les changements climatiques et la pression exercée sur les réserves d'eau.
La rivière Athabasca
Durant la journée d'hier, alors que Guy Laliberté célébrait l'importance de l'eau, environ 11 millions de litres de substances chimiques, y compris les carcinogènes et autres poisons mortels, se retrouvaient dans les eaux souterraines et dans la rivière Athabasca, empoisonnant des communautés entières. Il s'agit donc d'impacts régionaux qui affectent des communautés vivant le long de la rivière Athabasca, comme la communauté de Fort Chipewan. Il s'agit également d'impacts nationaux car la pollution causée de cette industrie menace l'équilibre de tout le bassin des grands lacs.
1% des émissions mondiales de gaz à effet serre
L'industrie et les critiques des environnementalistes se défendent en affirmant que l'extraction des sables bitumineux ne représentent que 1% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Bien que le chiffre officiel soit réel, il y a trois importants facteurs manquants à cette affirmation
Par exemple, la combustion d'énergies fossiles dans notre cour contribue à réchauffer la planète et à faire fondre plus rapidement les glaciers des montagnes himalayennes, menaçant ainsi l'approvisionnement en eau douce de milliards d'individus.
Mais les émissions de gaz à effet de serre des sables bitumineux ne sont qu'une infime fraction des émissions mondiales!
Il faut mettre les choses en perspective. S'il est vrai que dans l'absolu, un pays comme la Chine émet plus de gaz à effet de serre que le Canada, le taux d'émission par habitant est énormément plus élevé ici. En 2006, l'exploitation des sables bitumineux était responsable de 4% de nos émissions nationales. Selon le scénario économique actuel, cette industrie en pleine expansion sera responsable de 12% des émissions d'ici 2020. De plus, la production d'un baril de pétrole issue des sables bitumineux émet trois fois plus de gaz à effet de serre qu'un baril issue de l'exploitation de pétrole conventionnel.* Sans compter l'utilisation d'environ 3 barils d'eau douce pour chaque baril de pétrole produit.
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